31.10.2008

Le repentir de Renzo Piano

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article extrait du Monde.fr:

C'est l'épilogue d'une bataille et de violentes polémiques. Les travaux de terrassement destinés à permettre la construction d'un petit ensemble conventuel où seront logées des Soeurs clarisses, à proximité de la chapelle Notre-Dame-du-Haut, qui trône sur une colline verte, au-dessus du village de Ronchamp (Haute-Saône) vont commencer le 17 novembre.

La chapelle de Ronchamp, qui est aussi une sculpture blanche, est une des oeuvres les plus célèbres (1955) de Le Corbusier. Et l'architecte italien Renzo Piano est l'auteur du couvent. Une première version de son projet a été exposée, tout l'été, dans le Grand Hall de la Cité de l'architecture et du patrimoine, au Palais de Chaillot, à Paris. Mais ce n'est pas celui-là qui sera construit.

Renzo Piano, créateur volontariste, a en effet accepté de revoir sa copie. "Si je n'avais pas été convaincu moi-même que cette nouvelle version est préférable, j'en serais resté au projet présenté à Chaillot", confie l'architecte. Comment en est-il venu à changer de point de vue ?

Pour comprendre, il faut revenir à l'origine du projet. La Fraternité des clarisses, qui a acheté une parcelle sur les flancs de la colline de Ronchamp, a demandé à Piano, architecte universellement respecté (agnostique, il a cependant dessiné l'immense basilique dédiée à Padre Pio, à San Giovanni Rotondo, en Italie) de leur dessiner treize cellules et chambres d'hôte ainsi qu'un bâtiment d'accueil (la porterie).

PUITS DE LUMIÈRE

Piano leur a proposé un premier projet d'une extrême discrétion, pour l'essentiel enterré sans pour autant faire preuve d'ascèse architecturale : les édifices, tous autonomes, laissaient percevoir leur présence, soit par des puits de lumière, soit par la toiture de la porterie. Il a demandé au paysagiste Michel Corrajoud de le seconder pour donner aux cellules le paysage de buissons que commande ici la piété, mais aussi de retrouver autant qu'il se peut la virginité à peine arborée, du site original de la chapelle.

Mais plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer le projet de Piano (Le Monde du 29 mai). Le 25 juin, un débat d'une rare intensité à la Cité de l'architecture, confinait par instants à la violence verbale. Objet de cette polémique à laquelle assistait une salle passionnée et partagée : la visibilité excessive du futur couvent, selon ses détracteurs, et donc l'offense faite à "Corbu", comme l'appellent volontiers les architectes.

"IL FAUT TOUJOURS DISCUTER"

Renzo Piano et Michel Corrajoud se sont alors rendus sur les lieux, reprenant l'ancien chemin des pèlerins, presque abandonné, qui conduisait du cimetière du village vers ce site sacré, dédié à la Vierge Marie avant même la construction de la chapelle. Ils ont rencontré les détracteurs, en présence de Soeur Brigitte de Singly (supérieure de l'ordre). Piano restait en retrait, semblant éviter un affrontement brutal qui radicaliserait davantage le conflit.

Piano est un homme de dialogue et de retenue, ce qui l'a d'ailleurs imposé comme l'un des principaux constructeurs aux Etats-Unis (du siège du New York Times au nouveau musée d'art de Los Angeles et à l'Art Institute de Chicago). "Il faut toujours accepter de discuter, dit aujourd'hui Renzo Piano. Pendant le débat à la Cité de l'architecture, seule une phrase de l'architecte Edith Girard m'avait vraiment ébranlé. "Un chef-d'oeuvre comme la chapelle, cela suffit", disait-elle, et c'est vrai qu'il ne peut y avoir de compétition, ni même l'affirmation d'une autre présence. J'ai alors tout remis à plat. J'ai repris la montée par le chemin du cimetière, un trajet d'à peine dix minutes sans se presser, et j'en ai conclu qu'il devait redevenir le chemin ordinaire de la plupart des visiteurs."

Piano a amendé son projet, marqué par une sorte de "repentir", comme on parle en peinture des corrections voulues par l'artiste, et qui se veut désormais invisible sinon par un regard céleste, même s'il conserve pour l'essentiel la fragmentation des cellules qui faisait en partie la subtilité des premières esquisses. Plus rien n'apparaît depuis le haut de la colline, sinon "une légère entaille dans le sol qui ouvre vers la forêt et au delà vers le massif des Vosges", précise l'architecte.

Première conséquence : plus de parking en haut. "En arrivant ainsi, on redécouvre soudain la Chapelle et la façon dont Corbu l'a probablement pensée, seule face au paysage." Les cellules s'alignent toujours à flanc de colline, tournées vers la vallée, "baignées dans la lumière qui traverse les arbres."

La Fondation Le Corbusier a donné son feu vert, le permis a été modifié, la date du début du chantier est fixée. De la polémique au repentir de Piano, cet épisode constitue un miracle édifiant pour une profession d'architecte si souvent confrontée au conservatisme du public, quand ce n'est pas au sien.

Frédéric Edelmann

19.10.2008

arrêt de jeux !!

Marseillaise sifflée : le gouvernement "en rajoute" selon Bayrou

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Le président du MoDem a reconnu que "voir l'hymne national sifflé, c'est blessant" mais estime que le "gouvernement en fait un peu beaucoup" François Bayrou a estimé mercredi 15 octobre que "le gouvernement en fait un peu beaucoup", après les décisions gouvernementales qui ont suivi le match de football France-Tunisie au cours duquel "La Marseillaise" a été sifflée. "On a l'impression que dans des moments comme ça, le gouvernement en fait un peu beaucoup" et "ne recule pas devant l'excès", a jugé le président du MoDem dans l'émission Questions d'Info sur LCP-France Info.

François Bayrou a reconnu que "voir l'hymne national sifflé, c'est blessant pour beaucoup de Français", avant de s'interroger sur la décision d'arrêter les matches amicaux quand un tel cas se reproduira : "il peut intervenir dans l'excitation du moment beaucoup d'horizons, d'émeutes si on fait ce genre de choses", a-t-il observé.
"On a l'impression que le gouvernement (...) choisit d'en rajouter, d'en faire des tonnes sur le sujet", a-t-il repris, avant de juger que si siffler l'hymne national était "stupide", "il est tout aussi stupide de surréagir". Et de conclure: "tout ça c'est un peu zéro à zéro".

source : nouvelobs.com

07.10.2008

Architecturbaniste...

Yves Lion* :

Dans le cadre des conférences Gutemberg et des huitièmes journées de l’architecture intitulée « quoi de neuf en architecture ? », l’architecte a donné une conférence hier soir et a définit son métier comme celui d'un Architecturbaniste.

Yves Lion, humain et modeste, s’est fait le défenseur d’une architecture plus consciente de son environnement et d’un urbanisme créant les possibilités d’épanouissement et d'amélioration de nos quartiers par des formules assez simples.

Il a dénoncé les architectes qui s’enferment dans une attitude dite héroique, parfois totalement déconnectée de leurs contextes. Tous les architectes ne sont pas Gehry, toutes les situations ne sont pas Bilbao et toutes les architectures ne doivent pas être parfaite et en opposition constante comme Le corbusier savait si bien le faire. Sortir de la victimisation en somme...

Il a présenté le processus de rénovation du quartier du Neuhof et saluant la présence de l’ancien maire, a affirmé vouloir tenir compte des volontés du nouvel exécutif municipal strasbourgeois comme une addition positive et un enrichissement du projet.

Au fil de la conférence, présentant son travail, Yves Lion esquisse sa vision du métier :

Pour lui, « rien » de neuf en architecture, si ce n’est pas bâtir sur et dans la ville, construire de la ville, trouver le foncier là ou l'on croit qu’il est épuisé, densifier, apporter mixité sociale et focntionnelle… construire avec les éléments aussi. COsntruire aussi avec l'identité des lieux et des territoires, toujours dans une attitude sensible mais pragmatique.

*Yves Lion est un architecte et urbaniste français né en 1945 à Casablanca. Il est un des fondateurs de l'École d'architecture de la ville et des territoires à Marne-la-Vallée.il a réalisé des projets urbains sur de nombreux territoires en France : la Plaine Saint Denis, le quartier du Neuhof à Strasbourg, la cité de la Méditerranée à Marseille, le quartier Massena-Bruneseau à Paris Rive Gauche.

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