07.10.2008
Architecturbaniste...
Yves Lion* :
Dans le cadre des conférences Gutemberg et des huitièmes journées de l’architecture intitulée « quoi de neuf en architecture ? », l’architecte a donné une conférence hier soir et a définit son métier comme celui d'un Architecturbaniste.
Yves Lion, humain et modeste, s’est fait le défenseur d’une architecture plus consciente de son environnement et d’un urbanisme créant les possibilités d’épanouissement et d'amélioration de nos quartiers par des formules assez simples.
Il a dénoncé les architectes qui s’enferment dans une attitude dite héroique, parfois totalement déconnectée de leurs contextes. Tous les architectes ne sont pas Gehry, toutes les situations ne sont pas Bilbao et toutes les architectures ne doivent pas être parfaite et en opposition constante comme Le corbusier savait si bien le faire. Sortir de la victimisation en somme...
Il a présenté le processus de rénovation du quartier du Neuhof et saluant la présence de l’ancien maire, a affirmé vouloir tenir compte des volontés du nouvel exécutif municipal strasbourgeois comme une addition positive et un enrichissement du projet.
Au fil de la conférence, présentant son travail, Yves Lion esquisse sa vision du métier :
Pour lui, « rien » de neuf en architecture, si ce n’est pas bâtir sur et dans la ville, construire de la ville, trouver le foncier là ou l'on croit qu’il est épuisé, densifier, apporter mixité sociale et focntionnelle… construire avec les éléments aussi. COsntruire aussi avec l'identité des lieux et des territoires, toujours dans une attitude sensible mais pragmatique.
*Yves Lion est un architecte et urbaniste français né en 1945 à Casablanca. Il est un des fondateurs de l'École d'architecture de la ville et des territoires à Marne-la-Vallée.il a réalisé des projets urbains sur de nombreux territoires en France : la Plaine Saint Denis, le quartier du Neuhof à Strasbourg, la cité de la Méditerranée à Marseille, le quartier Massena-Bruneseau à Paris Rive Gauche.
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Commentaires
Si j'ai bien compris, il s'agit pour Yves Lion de remettre un peu d'humanisme dans l'urbasnisme et de mettre l'homme et son environnement à la base de la réflexion architecturale. Mais n'est-ce pas frustrant pour certains architectes de devoir ancrer leur fibre artistique et créatrice à l'intérieur de cadres? Ou est-ce au contraire une nouvelle source d'inspiration? (ce qui sous-entendrait que les architectes devraient avoir tous ce type de valeurs).
Ecrit par : Nelly | 07.10.2008
Je crois effectivement que le cadre, les contraintes, le contexte peuvent être des sources multiples de création. Et puis la ville s'est faite depuis des siècles, ainsi, sur et à l'intérieur d'elle-même, c'est ce qui la rend belle.
Une architecture sans cadre est difficilement imaginable...
Il existe des architectures "de papier", jamais réalisées et complètement dé-contextualisées... elles sont immortelles certes mais n'affronte jamais le social, la vie, et les intempéries !
Ecrit par : gauthier | 07.10.2008
Gauthier, je ne comprends pas ton procès à Corbu, comme auteur d'architectures 'en opposition constante'... Si tu pouvais expliciter dans un prochain billet :-)
La mixité sociale et fonctionnelle n'est pas qu'un rêve d'architecturbaniste... Ça pourrait être le rêve de tout citoyen démocrate engagé. Politqiuement traduit, on pourrait dire : gérer les pouvoirs et les contre-pouvoirs dans des relations de proximité.
Le tissu urbain est une dentelle fragile. Et quand Lion déclare qu'il faudrait "aller trouver le foncier là on croit qu'il est épuisé", il met le doigt sur ce qui est, pour moi, un critère essentiel de l'évolution urbaine : l'échelle des opérations de renouvellement/rénovation urbain(e).
Ainsi par exemple, transformer un ancien silo à grains en médiathèque est une innovation formidable (et les passerelles jétées sur le Bassin Vauban, formidables).
Mais le gigantisme du complot politico-immobilier nommé 'Rivétoile', à quelques pas à peine (voir le reportage photo sur le blog de Julien*), me semble être une erreur fondamentale.
On verra bien comment tout cela va 'vieillir'...
Salut confrère
* : http://julienviel.hautetfort.com/archive/2008/10/01/images-de-rive-etoile.html
Ecrit par : Pierre S | 12.10.2008
PS2 : j'ai écrit "complot politico-immobilier" sans faire référence à la formule "complexe immobilier" utilisée d'habitude.
Ecrit par : Pierre S | 12.10.2008
Pierre,
Bien d'accord avec toi sur le Rivétoile...
Je suis un grand admirateur du travail de Le Corbusier, et je ne me permettrais pas de procès à son égard. La période des avant-gardes en particulier est riche d'œuvres passionnantes de manière générale (dont le café de l'Aubette à Strasbourg dessiné par Théo Van Doesburg et Hans Arp...)
Si il y a parfois de l'héroïsme et du courage dans cette architecture moderne, j'en vois moins dans celle d'aujourd'hui, qui est pourtant souvent de trés grande qualité.
Le Corbusier a construit des bâtiments, des villes, mais aussi une œuvre et un discours. Il a ouvert une bréche, avec d'autres architectes moins connus comme Tony Garnier ou Pingusson, Mallet Stevens, Mies... Son attitude "rebelle" s'explique dans le contexte historique.
Encore aujourd'hui des architectes se servent de ce discours pour justifier leur attitude, se drapent dans un rôle d'architecte avant-gardiste, pour justifier et alimenter aussi le starsystem qui domine le monde de l'architecture contemporaine.
Ecrit par : gauthier | 14.10.2008
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