05.07.2008

EPR, à quand le débat ?

 

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S’il est un sujet qui doit impérativement dépasser les clivages politiques, c’est bien celui de la sauvegarde de notre environnement. La politique énergétique ne devrait pas être orientée sans grande concertation nationale et transpartisane.

L’année passée, lors de l’élection présidentielle, François Bayrou avait indiqué très clairement la prudence avec laquelle il faut absolument traiter le sujet concernant l’EPR (European Pressurised water Reactor) de Flamanville.

François Bayrou avait déclaré alors : "C’est totalement anti-démocratique que 12 jours avant une élection, en douce, en catimini, on prenne des décisions de cette importance, sans que le véritable débat ait eu lieu". Il avait ajouté "Il faudrait suspendre cette décision, de manière à ce qu’on ait un vrai débat", et il avait dénoncé un décret pris "à la va-vite, alors que le gouvernement s’en va". (Article de l’AFP - 11 avril 2007)

De manière générale, François Bayrou a toujours prôné un maintien maîtrisé et transparent du nucléaire civil mais il est aussi un fervent avocat du développement de nouvelles sources d ‘énergies. Il a défendu l’impérieuse nécessité de revoir l’ensemble de notre politique énergétique, son orientation générale.

Presque un an après un grenelle de l’environnement très médiatisé, le président Sarkozy a confirmé jeudi la construction d'un nouveau réacteur nucléaire de type EPR en France, le deuxième en France après celui de Flamanville déjà très controversé et dont les travaux sont très en retard.

Cap 21, membre fondateur du MoDem au côté de l’UDF, présidé par l'ancienne ministre Corinne Lepage, juge que l'annonce faite jeudi par le président de la république de la construction d'un second réacteur nucléaire EPR en France est "un mauvais signal", au moment où la France prend la présidence de l'UE.

Cap 21 rappelle également "que les déconvenues se multiplient sur les chantiers des premiers réacteurs EPR en Finlande et en France et devraient inciter l'Etat à la plus grande prudence". "Loin de tenir ses engagements en matière de développement des énergies renouvelables, la France devrait investir massivement en faveur du solaire, de la biomasse pour augmenter la part du renouvelable dans la production nationale"

Le gouvernement, dans une volonté visible de concertation, a innové avec le grenelle de l’environnement, en rassemblant tous les acteurs majeurs du domaine. Cette volonté n’était-elle que de l’ordre de la bonne intention ?

Le débat national sur le nucléaire n’a toujours pas eu lieu…


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