PARIS (AFP) —
François Bayrou a donné dimanche le coup d'envoi de la campagne du Mouvement démocrate (MoDem) pour les élections européennes, lors d'une "convention sur l'Europe" organisée à Paris, avec l'ancienne juge Eva Joly en invitée vedette.

Prenant acte du "désamour" ambiant à l'égard de l'Europe, à quelques jours du référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, dont le résultat est incertain, le leader centriste a exprimé sa volonté de répondre durant la prochaine campagne aux "angoisses" des citoyens.
Il était entouré, lors de ce colloque organisé "un an jour pour jour" avant les élections européennes, de six députés européens du MoDem sur huit, dont leur chef de file Marielle de Sarnez, organisatrice et animatrice des débats.
Eva Joly, aujourd'hui conseillère spéciale du gouvernement norvégien sur la corruption et le blanchiment, a été applaudie debout à l'issue de son intervention, où elle a plaidé avec émotion pour la fin des paradis fiscaux en Europe, "mission politique pour un monde meilleur".
Plus tard devant la presse, elle a exprimé sa volonté de s'engager dans le débat européen au côté de François Bayrou, n'excluant pas de se présenter au Parlement européen en juin 2009 sous les couleurs du Modem.
En clôturant la convention, M. Bayrou a fixé le cadre de la campagne des européennes pour le MoDem, élections qu'il a présentées comme "une échéance de vocation" pour ce parti issu de l'UDF, historiquement engagé pour la construction européenne.
Il a affirmé que le MoDem serait présent "avec des listes autonomes dans toutes les circonscriptions".
"Il y a un désamour du projet européen", qui a "besoin aujourd'hui d'être repensé, réinventé", a-t-il lancé à ses troupes, qui ont rempli avec enthousiasme la salle de la Maison de la Chimie, en dépit du récent échec des municipales.
Durant cette campagne, "on ne peut plus se contenter de l'invocation de l'idéal européen, de la défense de ce qui est fait", a-t-il affirmé. "Nous devons mettre devant nous les questions qui ont fait que les peuples se sont éloignés de l'Union. On ne peut pas se contenter de surfer sur cette partie de l'opinion qui est europhile".
Parmi les questions sur lesquelles devra porter le débat, figure en premier lieu celle de la "nature de l'Union européenne". "Le premier enjeu est de défendre une Europe qui ne soit pas d'abord un marché", mais représente "des valeurs et un projet de société" dont il faut affirmer la "nature sociale", a-t-il lancé.
"L'Europe n'est pas faite pour défendre la globalisation auprès des Européens, mais pour défendre les Européens de la globalisation", a estimé le député des Pyrénées-Atlantiques.
Dressant la liste des crises latentes dans le monde - changements démographiques, passage du temps de l'"énergie abondante et bon marché" à celui de l'"énergie rare et chère", affrontements au sein de l'islam entre chiites et sunnites - il a estimé que "si l'Europe n'existe pas, aucune de ces immenses crises ne pourra trouver un début de réponse".
"Il nous revient de penser une Europe nouvelle et de la faire aimer", a lancé le "troisième homme" de la présidentielle.
Commentaires
Formidable, cette convention sur l'Europe. Dès mon retour, j'ai ouvert un blog pour quelques mots de commentaires personnels : http://ambitiondemocrate.blogspot.com/
"Il nous revient de penser une Europe nouvelle et de la faire aimer" disait Bayrou. Nous avons un an pour le faire, jour pour jour.
J'espère que la fédération 67 du MoDem sortira bientôt de sa léthargie pour nous mettre au boulot, enfin !
Ecrit par : Pierre S. | 10.06.2008
Bien content Pierre que tu aies découvert que le Modem était concerné par les questions européennes. Il l'était déjà sous une autre forme avant que tu n'en sois adhérent et défendait les mêmes questions avec le même leader national.
Je ne sais pas où tu étais alors, mais ceux qui ont fait la campagne en faveur du oui au traité constitutionnel puis les présidentielles ne comprennent pas de quelle léthargie tu parles. Parle en avec nos députés européens actuels, ils ne comprendront pas non plus de quelle léthargie tu parles... Sais-tu que Nathalie Griesbeck intervenait récemment au Mouvement Européen Alsace à Strasbourg sur les enjeux de la présidence européenne de la France.
Nous y étions de nombreux Modem... je suppose que ceux qui n'y étaient pas dormaient ??? C'est incroyable chez certains la propension à penser que quand ils se lèvent, c'est à ce moment que le monde s'éveille, quand bien même d'autres travaillent depuis des heures...
Pour eux, c'est la prolongation du travail entamé et ils s'en réjouissent, se réjouissent d'être rejoints et soutenus dans ce travail de fond par de nouvelles forces mais sont toujours un peu surpris que ceux qui ne savent pas ce qu'ils ont fait avant prétendent qu'il n'y avait rien...
Ecrit par : Arnaud Weber | 13.06.2008
Bah, Arnaud... j'étais adhérent à l'UDF bien avant toi mais je n'en tire aucun argument d'autorité et aucun mérite particulier par rapport aux autres. Quant à la campagne référendaire, ce n'est pas à Strasbourg que je l'ai menée. Voilà pour ton information générale.
Maintenant, si pour toi, les activités du Mouvement Européen sont à mettre au compte des initiatives de la fédération du MoDem 67, je te suggère d'en parler un de ces jours aux responsables du Mouvement Européen... Il y avait bien quelques adhérents du MoDem à cette réunion avec Nathalie Griesbeck et j'en étais. D'ailleurs, lorsque les adhérents du MoDem 67 se retrouvent au delà de leurs petites chapelles ridicules, c'est généralement lors de manifestations organisées par d'autres... Ça me semble être là un signe incontestable de léthargie pour le MoDem 67.
Ecrit par : Pierre S. | 13.06.2008
Voilà bien Pierre les syllogismes à l'oeuvre... Tu mets en parallèle la convention nationale sur l'Europe et l'activité du Modem 67, comme si ceux qui n'allaient pas à Paris se moquaient des questions européennes. Je te réponds qu'au contraire, ils s'y intéressent, et te fait remarquer que quand il se passe quelque chose à Strasbourg, ce n'est pas parce que certains n'y sont pas qu'ils dorment (peut-être sont ils occupés aussi légitimement sur d'autres choses). Ton interprétation est que je revendique pour le compte du Modem67 ce que fait le Mouvement Européen. C'est une manière étrange de tourner les choses.
Sinon, en matière de chapelles, je me rappelle d'une certaine campagne municipale récente, où il y avait des groupes de travail mis en place par le Modem 67 pour construire un projet, groupes auxquels tout le monde a participé des différentes chapelles que tu évoques, sauf une, qui n'a pas souhaité, je te laisse deviner laquelle.
Je ne crois pas pour ma part qu'il y ait des chapelles, mais quelques personnalités qui se sont affrontées et s'affrontent et des militants qui aspirent à ce qu'une organisation du Modem67 soit enfin opérationnelle et permettent à toutes les sensibilités de travailler ensemble plutôt que de suivre telle ou telle personnalité.
Ceux qui ont maintenu le Modem 67 en vie sont ceux qui ont le plus souffert de la stérilité engendrée par la situation strasbourgeoise, car ils sont arrivés à l'UDF après 2002 pour construire l'UDF libre, préfiguration du Modem (cf congrès de Lyon), et ils ont du attendre qu'enfin les conditions soient réunies pour pouvoir mettre en oeuvre ce pour quoi ils ont adhéré : faire de la politique autrement.
Aujourd'hui que ces conditions sont réunies, c'est à dire qu'il n'y ait plus d'élus Modem inféodés à l'UMP à Strasbourg, qu'une certaine passionnaria se soit discréditée, et que les personnalités publiques de l'UDF refusant l'évolution vers le Modem se soient mises en sommeil, la fédé 67 va pouvoir mettre en oeuvre une vraie dynamique.
Reprocher à ceux qui souhaitent cette évolution depuis toujours en leur renvoyant ce que tu perçois comme une léthargie, c'est un peu facile et un brin malhonnête. J'aurai beaucoup aimé voir à l'oeuvre il y a quelques mois et quelques années, tous les parleurs qui disent aujourd'hui ya ka fo que, car ils considèrent comme point de départ à tout leur arrivée en niant même jusqu'au fait que d'autres avaient pensé avant et souhaitaient depuis longtemps ce qui est possible aujourd'hui.
Si tu étais adhérent UDF avant moi, que n'as-tu fait changer les choses si tu étais dans le Bas-Rhin ? Et si tu étais ailleurs que dans le Bas-Rhin, comme du reste bon nombre de ceux qui portent la même parole que toi, comment vous sentez-vous si légitimes à expliquer aux autres ce qu'ils auraient du faire, ce qu'ils devraient faire... N'avez-vous pas été les principaux artisans des clivages récents, notamment à Strasbourg ? Pour moi le Modem67, ce sont tous les militants du Modem sur le Bas-Rhin, pas seulement l'organigramme, et pas seulement Strasbourg. Tous peuvent proposer des actions, émettre des propositions, et les réunions de section qui ont lieu depuis trois ans sur tout le département ont permis d'entretenir l'envie chez tous les militants de reconstruire le parti après 2002, les multiples défections, et à présent le Modem. La situation strasbourgeoise aura certes occulté les 7 dernières années, mais le paravent étant tombé, il va enfin être possible de voir que derrière le paravent, d'autres ne dormaient pas, n'étaient pas léthargiques, mais travaillaient, et pensaient avec le reste du département à l'après... au présent.
Ecrit par : Arnaud Weber | 13.06.2008
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