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16.03.2008

Le faux-pas de Chantal Cutajar aux municipales à Strasbourg

La liste générations mieux vivre a réalisé un score de 5,73 pourcent au premier tour des élections municipales à Strasbourg, le 9 mars dernier.

Les candidats Modem aux élections cantonales se maintiennent mieux autour de 10 pourcent.

Aujourd’hui, bon nombre de critiques se font jour à l’égard de Madame Cutajar. De nombreuses personnes avaient choisi de se taire pendant la campagne, même s’ils la jugeaient désastreuse. Ce qui est intéressant c’est qu’une bonne partie de ces critiques viennent aujourd’hui de celles et ceux qui ont accompagné sincèrement à un moment ou un autre Chantal Cutajar. Ils ont dû se rendre à l’évidence et prendre leur distance car ils ont mesuré l’écart entre le discours et les actes.

Chantal Cutajar a souvent parlé d’éthique, de morale... mais n’a pas su mettre ces valeurs au cœur de sa campagne. Il est inutile de revenir point par point sur les nombreuses fautes qu’a commise la tête de liste. Mais deux erreurs me semblent fondamentales :

-         la constitution de la liste, qui n’a pas su incarner le rassemblement, la diversité, le renouveau combiné à l’expérience que l’on aurait été en droit d’attendre

-         une communication totalement déconnectée des réalités des strasbourgeois

Tout cela est lié pour moi aux choix effectués par la tête de liste. qui a agit en cavalier seul. Si je reconnais volontiers qu’elle a eu des obstacles et des difficultés  (comme tous les candidats !), elle n’a surtout pas su les franchir ou inverser des tendances.

Ses positions politiques sont alors apparues brouillées, changeantes et démagogiques.

La fin de campagne a été une apothéose puisqu’elle a adoptée au soir du premier tour une attitude de séduction  vis à vis d’un  Roland Ries, qu’elle avait fustigé pendant sa campagne. D’un coup, il était devenu un grand centriste, expliquant du même coup le faible score de la liste Modem. Après l’échec des négociations, il était redevenu un homme prisonnier des appareils... Encore un discours changeant en même pas 24 heures !

 
Ce qui est dommageable c’est l’incapacité de la tête de liste d’assumer son échec et d’en tirer des conclusions. Si l’on tend l’oreille aux explications des personnes qui ont entouré Madame Cutajar durant la campagne leur faible score serait dû :

-  à François Bayrou qui aurait jouer le jeu du méchant Petitdemange (mon dieu, pourrait-on éviter un manichéisme confortable)

- au trop grand nombre de liste face à elle (cela n’a pas empêché ries d’atteindre les 44 pourcent au premier tour)

- aux nombreux coup bas et manigances venant de son propre parti (dont elle n’est pas exempte non plus !)

- à une agence de communication qui aurait pris le pas sur le reste

 

C’est donc « la faute des autres » : Ils refusent la remise en question, peut être est ce trop tôt.
Est ce qu’ils réalisent ?

Pourtant, la tête de liste n’a pas su :

composer une liste de rassemblement et de diversité

dépasser les guerres internes et rassembler le parti

valoriser et utiliser un projet construit collectivement

imposer ses idées face à un communicant

garder un cap politique claire et cohérent

 

La page doit se tourner sur ces réalités amères.

Rassembler pour l’avenir, pour d’autres échéances, nécessite une clairvoyance (et non pas une extra-lucidité ;-o) sur cette expérience municipale.

Il faut construire le centre à Strasbourg sur des valeurs communes : le rassemblement de sensibilités diverses, l’humanisme, la défense et la construction d’une Europe forte, le développement durable, la nécessaire réforme de nos institutions.

 

 



 

 

 

 

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