13.05.2008
une opposition lucide ?
Il a affirmé que les "accusations" du président Nicolas Sarkozy contre l'Agence France-presse (AFP) "n'étaient pas fondées. L'AFP est un atout pour l'information en France. Je le dis pour l'avoir expérimenté", a affirmé M. Bayrou en réponse au président de la république. Celui que l’on connaît plutot comme le « tacleur » systématique des médias vient finalement au secours de la presse.
François Bayrou a déclaré qu'il avait l'intention de déposer un amendement dans le cadre de la réforme des institutions pour favoriser l'indépendance des médias."Je déposerai un amendement qui dira que, comme les partis politiques représentent le pluralisme et concourent à son expression, de la même manière, les médias concourent à l'information pluraliste des citoyens et qu'il faut donc des règles d'indépendance", a t-il dit.
François Bayrou a estimé que l'idée de Nicolas Sarkozy d'enseigner l'histoire de l'esclavage à l'école primaire est un abus de pouvoir. "Ce n'est pas au président de la République, chaque fois qu'il y a un moment d'émotion, de changer les programmes de l'école primaire. Ce n'est pas de sa responsabilité", a-t-il dit sur France Inter. "Il peut suggérer, demander, orienter mais cette décision souveraine qui consiste à dire 'à partir de la rentrée prochaine, je décide qu'on étudiera ça et ça et ça, excusez moi de le dire, pour moi c'est un abus de pouvoir (...) Le fait du prince n'est pas normal", a-t-il ajouté.
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29.04.2008
CE QUE VEUT LOLA...
A l’heure de la réussite des « chtis », sans doute méritée mais quelque peu étouffante, à l’heure aussi ou l’actualité se fait souvent violente et douloureuse, un film nous apporte un peu de réconfort… whatever lola wants de Nabil Ayouch, avec Laura Ramsey, Assaad Bouab, Carmen Lebbos…
Lola, 25 ans, vit à New York où elle travaille pour la Poste en rêvant d'une carrière de danseuse. Youssef, son meilleur ami, est un jeune Egyptien gay installé à New York pour y vivre comme il l'entend. C'est par lui que Lola découvre l'histoire d'Ismahan, star de la danse orientale, véritable légende au Caire.
Lola rencontre un autre Egyptien, Zack. L'idylle tourne rapidement court quand Zack prend conscience des différences culturelles qui les séparent et rentre en Egypte. Sans réfléchir, Lola, aussi impulsive que naïve, décide immédiatement de le suivre, sous les yeux effarés de Youssef.
Arrivée au Caire, déçue par l'accueil de la famille de Zack autant que par l'attitude du jeune homme, Lola se met en tête de retrouver la fascinante danseuse Ismahan. Elle décide d’apprendre la danse du ventre.
Un démarrage en forme de comédie romantique nous fait croire à un film guimauve. Progressivement et subtilement, le film nous emmène ailleurs. Il nous parle de la place des femmes dans la société orientale, de la difficulté du dialogue des cultures… et de la rencontre de deux femmes surtout : le jeune, entêtée et impétueuse américaine qui va rencontrer Ismahan, ex-danseuse cloîtrée, et déchue par la société égyptienne pour cause d’adultère.
Aucune des deux cultures n’est ici glorifiée (si ce n’est la beauté et l’invitation festive qui est l’essence même de la danse orientale !!!) C’est plutôt les limites de ces deux femmes au sein de leur société qui est mis en exergue avec brio. C'est aussi la beauté de leur rencontre qui finit par transcender leurs difficultés respectives. Un film qui met par terre les préjugés habituels sur l'une ou l'autre culture. Un film qui nous invite à la nuance dans notre regard sur l'autre, et non à l'angélisme ou à la condamnation stérile.
Un film sensible qui parle aussi d’ambition, de liberté, d’individualisme, et de sensualité bien sur ! Un bravo tout particulier pour la reprise de la chanson Whatever Lola wants (Lola gets) par Natacha Atlas, une perle.

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21.04.2008
NOUVEL NOBEL ! Jean Nouvel est lauréat 2008 du Pritzker Price

Remise en juin prochain au Congrès de Washington, cette récompense couvre l'ensemble de sa carrière. A 63 ans, Jean Nouvel a su imposer sa marque à travers le monde entier.
« Faire passer un message, je l'ai toujours fait. Quand j'ai quelque chose à dire, je le dis et je ne vais pas m'arrêter. Ce prix est une reconnaissance et crée des devoirs. Cela peut aider à faire passer un certain nombre d'idées que ce soit pour construire ou à lancer des débats. Ce titre me permet de parler avec un peu plus de crédibilité aux yeux de certains, donc je m'en servirais le moment venu. » déclare l’heureux lauréat dans une interview à l’Express.
ll est certain que pour l’instant, malgré de nombreuses oeuvres intéressantes, l’engagement de l’architecte sur le terrain du social reste une réelle interrogation : les grands architectes de notre temps sont des stars doués qui construisent des monuments, des musées, des oeuvres prêtes à publication. Les travaux sur l’habitat d’un Le Corbusier, Pingusson, ou d'un Tony Garnier par exemple semblent bien loins alors qu’ils restent des références valables ou en tout cas à ré-interroger aujourd'hui .
Les architectes modernes ont su durant le siècle passé s’engager sur le terrain social, à travers des oeuvres fortes et manifestes.
Les oeuvres alsacienne de Jean Nouvel n’ont pas très bonne presse. La brasserie Schutzenberger place Kléber à Strasbourg a dû fermer. La cité manifeste à Mulhouse, construite récemment, avec la participation de Jean Nouvel n’a pas su faire école. Pourquoi ?
Peut être parce qu’elle est plus l’expression formelle de la starisation du système que celle de réelles interrogations sur l’habité, le vivre ensemble, la constitution de la ville… Les architectes investissent à juste titre les questionnements environnementaux et de manière forte mais ne doivent surtout pas oublier qu’ils construisent pour l’homme.
L’œuvre de Nouvel est riche, passionnante bien sur, parfois grandiose si l’on déambule dans l’opéra de Lyon ou le musée du monde arabe, c’est indéniable. A Sarlat pour la reconversion d'une petite église, il semble même étre encore plus juste et pertinent dans le parti pris architectural. Même s’il dénonce à juste titre les clivages politiques stériles en France, on peut regretter toutefois qu’un "nobel" français de l’architecture ne porte pas d’une voix plus forte les enjeux sociétaux de notre temps à travers ses constructions et son discours.
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